From Heroes to Zeroes
Pour commencer, ce remix, par Aphex Twin, de la relecture, par Philip Glass, de la chanson de David Bowie “Heroes”.
Pour continuer, une liste de lecture autour de ce titre, librement agrégée par jeux d’influence, mots des titres, références plus ou moins assumées de leurs auteurs, et bien sûr en suivant mon intérêt: il n’y a là que des morceaux que j’aime, souvent beaucoup, ou au moins des artistes que j’aime.
La liste, à écouter sur Spotify :
The Beta Band : Assessment (2004)
En 2004, le groupe écossais the Beta Band sort son troisième album, avant de se séparer à la grande surprise de leurs fans et malgré leur succès critique. Le titre de cet enterrement de première classe? ‘Heroes to Zeros’… Le premier morceau, Assessment, m’offre une excellente ouverture pour cette playlist.
Neu! : Hero (1975)
Formé par deux anciens membres de Kraftwerk, Neu! est un groupes les plus radicaux du rock allemand du début des années 70, incontournable quand on parle de Krautrock. Rencontrant un succès commercial limité à l’époque, leur influence est en revanche considérable, aussi bien auprès de groupes punks qu’expérimentaux, aussi bien sur la musique électronique que sur l’oeuvre de David Bowie, période berlinoise. C’est bien en référence à cette chanson que Bowie nommera un de ses albums “Heroes”, avec guillemets s’il vous plaît.
David Bowie : ”Heroes” (1977)
La chanson éponyme est finalement sur l’album celle qui montre le moins ses influences krautrock. C’est aussi, probablement, une des plus belles chansons de Bowie, et ce n’est pas peu dire. Brian Eno, omniprésent sur l’album, l’a co-écrite.
The Stranglers : No More Heroes (1977)
Comme une réplique d’une vigoureuse noirceur, The Stranglers sortent cette chanson, et l’album auquel elle donne son titre, le même mois que celui de Bowie… Un morceau caractéristique de la production (excellente) du groupe en cette fin de décennie: énergie punk qui laisse pourtant voir subtilité du jeu et des textes, basse qui claque violemment et solo d’orgue… Je recommande fortement l’album suivant, The Raven, sorti en la glorieuse année 1979.
David Bowie : Zeroes (1987)
Ce titre date probablement de la pire période de Bowie - il reconnaîtra lui-même s’être trouvé au fond du gouffre en termes d’inspiration. La composition vaudrait probablement bien mieux que ce son clinquant… Bowie se recycle, mais autant le Major Tom du Ashes to Ashes de 1980 faisait plus qu’honneur au Space Oddity de 1969, autant la référence appuyée à “Heroes” (qui lui vaut sa place ici - j’étais presque obligé…) sent le fond du tiroir. Allez, exceptionnellement, vous pouvez couper le morceau et passer au suivant.
Smashing Pumpkins : Zero (1995)
“Le groupe le plus intéressant et le plus créatif que j’ai jamais entendu”: c’est Bowie lui-même qui l’a dit un jour à la télévision française, monsieur. Pas étonnant de retrouver le groupe du torturé Billy Corgan dans le côté obscur de cette liste…
Baxter Dury : Sister Sister (2005)
Cette fois, ce n’est pas le titre qui fait le lien mais une référence musicale évidente (si vous en doutez, tendez l’oreille autour de 1’50…) - et assumée. Et ça me fait bien plaisir de caser ici un titre de Baxter Dury, qui a sorti à la rentrée un album que je classe parmi les tous meilleurs de l’année.
LCD Soundsystem : All I Want (2010)
Sur ce qu’il a décrété être le dernier album du groupe (décidément), James Murphy fait “son” “Heroes”, brillante relecture (jolie chronique en anglais à lire ici sur Pitchfork).
The Streets : Weak Become Heroes (2002)
Il n’y a peut-être bien que Mike Skinner, son délicieux accent et ses chouette boucles (same loop over and over), qui puisse chanter que les “faibles deviennent des héros” sans que ça me paraisse un message lourdingue…
American Composers Orchestra : Symphonie No. 4, 1er mouvement “Heroes”, de Philip Glass (1996)