du convoi — 27 — 20 octobre 2010

C’était de toutes parts qu’arrivaient maintenant les pèlerins. Sur leurs T-shirts, sur leurs sacs à dos, sur leurs planches ou leurs casquettes, tous ils arboraient ce smiley bizarre qui s’était imposé comme leur emblème dès le début du mouvement. Le voir reproduit sur des écharpes de portage ou sur les cerfs-volants des enfants pouvait inquiéter ou agacer un œil extérieur, mais il aurait été injuste d’évaluer l’hypothétique danger causé par ces gens comme supérieur à celui lié à n’importe quel regroupement de personnes aussi nombreux – extrêmement nombreux. Chacun de ces pèlerins se faisait sa propre idée de ce qu’avait pu être le continent retiré; certains ne croyaient pas qu’il eût réellement existé, mais pour tous il représentait une voie à suivre, bien que parfois indiscernable.

Vingt-septième paragraphe reproduit ici après une première publication plus ou moins anonyme sur Le Convoi des Glossolales, le blog collectif d’écriture créé par Anthony Poiraudeau, ce petit texte (écrit à Union Square à New York, face au Metronome) est en plus très librement inspiré par les textes dudit Anthony évoquant ce mystérieux Continent Retiré.

du convoi — 26 — 30 août 2010

Ils n’ont pas su comment lui dire. Ce n’est jamais simple de lui parler, même pour lui dire des choses anodines; ses réactions peuvent être démesurées ou inexistantes, violentes ou lamentables; on n’est pas toujours sûr qu’elle ait compris un traître mot prononcé. Certains s’attendaient sans doute à ce que Jean-Jacques lui dise, mais Jean-Jacques ne lui a pas dit, Jean-Jacques ne l’a même pas approchée, en vérité il semblait chercher à l’éviter à tout prix. Il ne fallait pas compter sur Marguerite, pas douée elle non plus pour le dialogue, pour le renouer avec sa sœur avec qui elle ne communiquait plus que par cartes postales épisodiques depuis plusieurs années. Les autres n’ont pas voulu prendre cette responsabilité, la peur de mal faire, d’en subir les reproches, longtemps après. Elle repart; elle rentre chez elle, ils n’ont pas su comment lui dire, elle ne sait pas, elle ne saura peut-être jamais ; comprendrait-elle ?

bilan 2011 / albums
1. PJ Harvey: Let England Shake
2. The Rapture: In the Grace of your Love
3. Baxter Dury: Happy Soup
4. Destroyer: Kaputt
5. Kate Bush: 50 Words for Snow
…derrière ce top 5, une bonne demi-douzaine d’albums que je n’aime pas forcément de bout en bout, mais qui révèlent au moins des moments beaux, ardents, surprenants ou prometteurs:
Connan Mockasin: Forever Dolphin Love
Unknown Mortal Orchestra: Unknown Mortal Orchestra
The Strokes: Angles
Arthur H: Baba Love
M83: Hurry Up, We’re Dreaming
Fránçois and the Atlas Mountain: E Volo Love
Dum Dum Girls: Only in my Dreams
Pas mal de Love, et de Dream dans ces titres…

bilan 2011 / albums

1. PJ Harvey: Let England Shake

2. The Rapture: In the Grace of your Love

3. Baxter Dury: Happy Soup

4. Destroyer: Kaputt

5. Kate Bush: 50 Words for Snow

…derrière ce top 5, une bonne demi-douzaine d’albums que je n’aime pas forcément de bout en bout, mais qui révèlent au moins des moments beaux, ardents, surprenants ou prometteurs:

Connan Mockasin: Forever Dolphin Love

Unknown Mortal Orchestra: Unknown Mortal Orchestra

The Strokes: Angles

Arthur H: Baba Love

M83: Hurry Up, We’re Dreaming

Fránçois and the Atlas Mountain: E Volo Love

Dum Dum Girls: Only in my Dreams

Pas mal de Love, et de Dream dans ces titres…

bilan 2011 / films
1. Une Séparation, Asghar Farhadi
2. Tomboy, Céline Sciamma
3. Hors Satan, Bruno Dumont
4. The Green Hornet, Michel Gondry
5. Animal Kingdom, David Michôd
6. Fighter, David O. Russell
7. We Need to Talk about Kevin, Lynne Ramsay
8. L’Exercice de l’Etat, Pierre Schöller
9. Submarine, Richard Ayoade
10. Le Havre, Aki Kaurismäki
Et voilà donc, avec un peu de retard, mes 10 films préférés parmi ceux sortis au cinéma en France en 2011. Comptez le nombre de logos Radio France… c’est pas fait exprès.
Pas loin derrière, Les Bien-aimés de Christophe Honoré, L’Art d’Aimer d’Emmanuel Mouret, ou encore X-Men: le Commencement, de Matthew Vaughn.

bilan 2011 / films

1. Une Séparation, Asghar Farhadi

2. Tomboy, Céline Sciamma

3. Hors Satan, Bruno Dumont

4. The Green Hornet, Michel Gondry

5. Animal Kingdom, David Michôd

6. Fighter, David O. Russell

7. We Need to Talk about Kevin, Lynne Ramsay

8. L’Exercice de l’Etat, Pierre Schöller

9. Submarine, Richard Ayoade

10. Le Havre, Aki Kaurismäki

Et voilà donc, avec un peu de retard, mes 10 films préférés parmi ceux sortis au cinéma en France en 2011. Comptez le nombre de logos Radio France… c’est pas fait exprès.

Pas loin derrière, Les Bien-aimés de Christophe Honoré, L’Art d’Aimer d’Emmanuel Mouret, ou encore X-Men: le Commencement, de Matthew Vaughn.

bilan 2011 / livres
1. Limonov, Emmanuel Carrère2. L’Armée furieuse, Fred Vargas3. Dernière Nuit à Twisted River, John Irving4. La Blessure la vraie, François Bégaudeau5. Solaire, Ian McEwan
Carrère est donc bien décidément un de ces auteurs (ils ne sont pas si nombreux) dont chaque nouvel ouvrage suscite chez moi un enthousiasme que la lecture ne déçoit pas. Il est aussi récemment devenu le seul écrivain auquel j’aie jamais demandé de me signer son livre (j’avais choisi Le Détroit de Behring, pour pas faire comme tout le monde).
Après avoir dévoré Agatha Christie et Conan Doyle pendant ma jeunesse, je lis maintenant peu de polars, mais Fred Vargas est de ceux qui dépassent, surpassent le genre (comme Jerome Charyn par exemple, mais ça n’a rien à voir), et a donc trouvé une place presque habituelle dans mes listes de lectures.
C’est incroyable le nombre de romans américains que j’aurai lus et aimés dont l’action principale se tient dans le New Hampshire, le Vermont, le Maine, ou plus généralement en Nouvelle Angleterre (les livres de Paul Auster et de Russell Banks y ont largement contribué). Celui-ci s’y ajoute avec bonheur, même si on y suit aussi les personnages (et quels personnages! difficile de ne pas s’attacher par exemple à Ketchum, cet homme des bois) dans d’autres régions d’Amérique du nord.
Je ne suis pas certain que le Bégaudeau soit un grand livre, mais je dois avouer avoir tout de même goûté sa verve humoristique, et surtout avoir si bien reconnu cette Vendée estivale qu’il y décrit - à ne pas forcément recommander aux amateurs d’Yves Viollier cependant.
J’ai découvert Ian McEwan avec ce livre, et je me réjouis de le voir rejoindre ces quelques auteurs anglais contemporains que j’affectionne: Martin Amis, Will Self, David Lodge, Nick Hornby ou Jonathan Coe (dont La Vie très privée de Mr Sim, malgré ce titre balourd, était aussi un des bons livres de l’année).
Récit/Romans publiés en France en 2011

bilan 2011 / livres

1. Limonov, Emmanuel Carrère
2. L’Armée furieuse, Fred Vargas
3. Dernière Nuit à Twisted River, John Irving
4. La Blessure la vraie, François Bégaudeau
5. Solaire, Ian McEwan

Carrère est donc bien décidément un de ces auteurs (ils ne sont pas si nombreux) dont chaque nouvel ouvrage suscite chez moi un enthousiasme que la lecture ne déçoit pas. Il est aussi récemment devenu le seul écrivain auquel j’aie jamais demandé de me signer son livre (j’avais choisi Le Détroit de Behring, pour pas faire comme tout le monde).

Après avoir dévoré Agatha Christie et Conan Doyle pendant ma jeunesse, je lis maintenant peu de polars, mais Fred Vargas est de ceux qui dépassent, surpassent le genre (comme Jerome Charyn par exemple, mais ça n’a rien à voir), et a donc trouvé une place presque habituelle dans mes listes de lectures.

C’est incroyable le nombre de romans américains que j’aurai lus et aimés dont l’action principale se tient dans le New Hampshire, le Vermont, le Maine, ou plus généralement en Nouvelle Angleterre (les livres de Paul Auster et de Russell Banks y ont largement contribué). Celui-ci s’y ajoute avec bonheur, même si on y suit aussi les personnages (et quels personnages! difficile de ne pas s’attacher par exemple à Ketchum, cet homme des bois) dans d’autres régions d’Amérique du nord.

Je ne suis pas certain que le Bégaudeau soit un grand livre, mais je dois avouer avoir tout de même goûté sa verve humoristique, et surtout avoir si bien reconnu cette Vendée estivale qu’il y décrit - à ne pas forcément recommander aux amateurs d’Yves Viollier cependant.

J’ai découvert Ian McEwan avec ce livre, et je me réjouis de le voir rejoindre ces quelques auteurs anglais contemporains que j’affectionne: Martin Amis, Will Self, David Lodge, Nick Hornby ou Jonathan Coe (dont La Vie très privée de Mr Sim, malgré ce titre balourd, était aussi un des bons livres de l’année).

Récit/Romans publiés en France en 2011

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From Heroes to Zeroes

Pour commencer, ce remix, par Aphex Twin, de la relecture, par Philip Glass, de la chanson de David Bowie “Heroes”.

Pour continuer, une liste de lecture autour de ce titre, librement agrégée par jeux d’influence, mots des titres, références plus ou moins assumées de leurs auteurs, et bien sûr en suivant mon intérêt: il n’y a là que des morceaux que j’aime, souvent beaucoup, ou au moins des artistes que j’aime.

La liste, à écouter sur Spotify :

The Beta Band : Assessment (2004)
En 2004, le groupe écossais the Beta Band sort son troisième album, avant de se séparer à la grande surprise de leurs fans et malgré leur succès critique. Le titre de cet enterrement de première classe? ‘Heroes to Zeros’… Le premier morceau, Assessment, m’offre une excellente ouverture pour cette playlist.

Neu! : Hero (1975) 
Formé par deux anciens membres de Kraftwerk, Neu! est un groupes les plus radicaux du rock allemand du début des années 70, incontournable quand on parle de Krautrock. Rencontrant un succès commercial limité à l’époque, leur influence est en revanche considérable, aussi bien auprès de groupes punks qu’expérimentaux, aussi bien sur la musique électronique que sur l’oeuvre de David Bowie, période berlinoise. C’est bien en référence à cette chanson que Bowie nommera un de ses albums “Heroes”, avec guillemets s’il vous plaît.

David Bowie : ”Heroes” (1977)
La chanson éponyme est finalement sur l’album celle qui montre le moins ses influences krautrock. C’est aussi, probablement, une des plus belles chansons de Bowie, et ce n’est pas peu dire. Brian Eno, omniprésent sur l’album, l’a co-écrite.

The Stranglers : No More Heroes (1977)
Comme une réplique d’une vigoureuse noirceur, The Stranglers sortent cette chanson, et l’album auquel elle donne son titre, le même mois que celui de Bowie… Un morceau caractéristique de la production (excellente) du groupe en cette fin de décennie: énergie punk qui laisse pourtant voir subtilité du jeu et des textes, basse qui claque violemment et solo d’orgue… Je recommande fortement l’album suivant, The Raven, sorti en la glorieuse année 1979.

David Bowie : Zeroes (1987)
Ce titre date probablement de la pire période de Bowie - il reconnaîtra lui-même s’être trouvé au fond du gouffre en termes d’inspiration. La composition vaudrait probablement bien mieux que ce son clinquant… Bowie se recycle, mais autant le Major Tom du Ashes to Ashes de 1980 faisait plus qu’honneur au Space Oddity de 1969, autant la référence appuyée à “Heroes” (qui lui vaut sa place ici - j’étais presque obligé…) sent le fond du tiroir. Allez, exceptionnellement, vous pouvez couper le morceau et passer au suivant.

Smashing Pumpkins : Zero (1995)
“Le groupe le plus intéressant et le plus créatif que j’ai jamais entendu”: c’est Bowie lui-même qui l’a dit un jour à la télévision française, monsieur. Pas étonnant de retrouver le groupe du torturé Billy Corgan dans le côté obscur de cette liste…

Baxter Dury : Sister Sister (2005)
Cette fois, ce n’est pas le titre qui fait le lien mais une référence musicale évidente (si vous en doutez, tendez l’oreille autour de 1’50…) - et assumée. Et ça me fait bien plaisir de caser ici un titre de Baxter Dury, qui a sorti à la rentrée un album que je classe parmi les tous meilleurs de l’année.

LCD Soundsystem : All I Want (2010)
Sur ce qu’il a décrété être le dernier album du groupe (décidément), James Murphy fait “son” “Heroes”, brillante relecture (jolie chronique en anglais à lire ici sur Pitchfork).

The Streets : Weak Become Heroes (2002)
Il n’y a peut-être bien que Mike Skinner, son délicieux accent et ses chouette boucles (same loop over and over), qui puisse chanter que les “faibles deviennent des héros” sans que ça me paraisse un message lourdingue…

American Composers Orchestra : Symphonie No. 4, 1er mouvement “Heroes”, de Philip Glass (1996)

du convoi — 25 — 10 août 2010

On n’avait pas pu déterminer leur provenance exacte. Un matin, on en avait trouvé deux, à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre. Le lendemain, la plage en était pleine. Il en était venu suffisamment lors de cette deuxième nuit pour recouvrir entièrement l’étendue de sable entre les deux jetées, du bord écumant des vagues jusqu’au remblai. Leur nombre et leur concentration rendaient leur odeur écœurante, difficilement supportable pour les employés de la commune qui furent chargés d’en nettoyer la plage. A l’aide de tractopelles, ils entreprirent de les déverser dans de grandes remorques qu’on allait vider dans un grand terrain vague à l’autre bout de la ville. À la tombée de la nuit, ils n’avaient pas dégagé un dixième de la zone. Le troisième jour, elles s’étaient accumulées sur la même surface, mais sur plusieurs mètres de hauteur. On abandonna dès lors le dérisoire travail commencé la veille. On établit un périmètre de sécurité autour de la plage, et les bâtiments du front de mer furent évacués, bien qu’aucun danger précis ne semblât en menacer les habitants. Le problème embarrassait les autorités qui n’y trouvaient pas de réponse appropriée. C’est un stagiaire de la mairie qui, ayant mené quelques recherches, leur rapporta qu’un phénomène de même nature était survenu sur le littoral du Nouveau-Brunswick, une dizaine d’années auparavant.

du convoi — 24 — 10 octobre 2010

Si je n’étais pas arrivé trop tôt, c’est-à-dire dans les premiers, ni trop tard, parce qu’alors on n’allait pas tarder à se mettre à table pour y rester cinq bonnes heures, il me fallait descendre à la cave et me joindre aux autres hommes, prendre ma place sur un des rondins ou une des chaises en formica autour de la petite table recouverte d’une toile cirée terminant ici sa carrière après avoir connu les honneurs de la table de la cuisine puis les coups de couteau de l’arrière-cuisine, dans le demi-jour de cette petite pièce, la lumière rendue orangée par le filtre d’un rideau à fleurs, simple chute de tissu pliée en deux et même pas surfilée, parmi les membres de la famille de sexe masculin ayant dépassé l’âge auquel on peut rester avec sa mère écouter à la fois distraitement et avec curiosité les conversations des tantes ou des cousines, ayant atteint l’âge qui donne droit au petit verre de vin, aux deux ou trois petits verres d’un vin pas si mauvais, pris en avance du repas, bus avant même l’apéritif qui serait partagé, là-haut, avec les femmes, autour de la table.

du convoi — 23 — 10 juillet 2010

Il avait laissé son vélo là-haut, au bord du chemin ombragé. Il avait franchi la haie à cet endroit un peu moins dense, ce passage entre les deux chênes par lequel il avait aisément pu faufiler son corps fluet. Il avait contemplé quelques instants, les mains posées sur les hanches, cette minuscule vallée qui lui paraissait grandiose, et les constructions sur l’autre versant. Il voyait les bâtiments de la ferme, avec leurs toits de tôle ondulée mangée de rouille, et l’imposante maison du notaire, avec ses grands volets bordeaux. Il imaginait de l’autre côté, devant la façade, la Jaguar garée sur les graviers, prête à prendre l’allée bordée d’arbres qui menait jusqu’à la grille. Il distinguait un peu plus loin l’une des dernières maisons du bourg, juste un peu isolée du lotissement: celle où habitait Sophie. Cela lui plaisait de croire qu’il était venu ici uniquement pour cela, voir, épier, de cet observatoire, la maison de Sophie, parce qu’il aimait beaucoup, déjà, être amoureux. Il aimait penser qu’il savait ce qu’était l’amour, et que c’était plus important que tout le reste. Il dévala la pente jusqu’au ruisseau en se laissant porter par son élan avec un long cri euphorique, qu’il retint légèrement, parce qu’il n’était plus un gamin. 

du convoi — 22 — 30 juillet 2010

C’était peut-être un jour où les coureurs du Tour de France avaient droit au repos, ce qui écartait ma principale activité de ces après-midis de juillet, ou bien ma mère avait su me convaincre de ne pas passer à nouveau trois heures à regarder machinalement une étape de plaine qui se terminerait de toute façon par un sprint massif du peloton, le nom du vainqueur se jouant alors entre deux ou trois spécialistes de l’exercice. Au fond du jardin, nous cueillions les cassis, baie par baie quand nous le pouvions, ou par petits nombres qu’il faudrait ensuite égrapper. L’étape la plus fastidieuse consisterait, plus tard, dans la cuisine, à ôter les restes des calices des fleurs encore accrochés à la peau des fruits, qui d’après ma mère ne pouvaient en aucun cas être intégrés dans la composition de la confiture. Le cassis poussait un peu à l’écart de l’ombre des frênes. C’est donc sous un soleil implacable – « il chauffe là-haut, Marcel », disait-elle –, que je commençai à lui poser ces questions, jamais osées, sur son enfance, sur sa sœur née avant la guerre et elle juste après, sur la vie de mes grands-parents à l’époque. Ce fût une prodigieuse cueillette. Les réponses dépassèrent amplement ce que j’avais pu imaginer ; c’était l’histoire de ma famille et elle me laissait pantois.